Ce que couvre la prévoyance
La prévoyance regroupe trois garanties fondamentales : les indemnités journalières (IJ) pour maintenir votre revenu pendant un arrêt de travail, la rente d'invalidité en cas d'impossibilité partielle ou totale d'exercer, et le capital décès versé à vos proches. Des options comme la rente éducation ou la rente conjoint complètent la protection familiale.
Contrairement à la RC Pro, la prévoyance ne concerne pas vos patients : elle protège votre revenu et votre famille.
Le trou de votre caisse
Les régimes obligatoires des professions de santé libérales versent des indemnités réelles, mais insuffisantes et tardives. La CARPIMKO (infirmier, kiné, orthophoniste, podologue) verse environ 55 €/jour, mais seulement à partir du 91e jour d'arrêt. La CARMF (médecin) applique le même délai de carence de 90 jours. La CARCDSF (sage-femme, dentiste) verse environ 48 €/jour après 90 jours. La CIPAV (psychologue, ostéopathe, ergothérapeute et autres libéraux non réglementés) offre une couverture minimale.
Les 90 premiers jours — pendant cette période, si vous n'avez pas souscrit de prévoyance avec franchise courte, votre revenu est nul ou quasiment nul. C'est le risque le plus immédiat pour votre trésorerie.
Le cadre Madelin
Pour un professionnel libéral soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie BNC ou BIC, les cotisations de prévoyance versées dans le cadre d'un contrat Madelin sont déductibles du bénéfice imposable. Ce dispositif réduit le coût net de votre couverture : une cotisation de 500 € peut ne revenir qu'à 300-350 € après avantage fiscal, selon votre tranche d'imposition.
Le plafond de déductibilité dépend de votre revenu professionnel. En pratique, la quasi-totalité des professionnels de santé libéraux y ont droit — votre expert-comptable peut le confirmer.
À retenir — le cadre Madelin s'applique à la prévoyance (IJ, invalidité, décès) et à la mutuelle santé. La RC Pro, elle, est déductible en charges d'exploitation, sans plafond Madelin.
Bien calibrer : franchise, revenu garanti, garanties
Le premier arbitrage est la franchise (délai avant que les IJ démarrent) : 15 jours, 30 jours ou 90 jours. Plus la franchise est courte, plus la cotisation est élevée — mais plus votre trésorerie est protégée dès le début. Si votre trésorerie peut absorber 3 mois sans revenu, une franchise 90 jours réduit la prime.
Le second arbitrage est le niveau d'IJ : calibrez-le sur votre revenu net réel, pas sur votre chiffre d'affaires. Une IJ trop faible ne couvre pas vos charges fixes (loyer, crédit, cotisations sociales) même pendant l'arrêt.
Enfin, vérifiez le périmètre d'invalidité : partielle ou totale, et à quelle définition (incapacité à exercer votre profession spécifique, ou toute profession).
Souscrire : les bons réflexes
Comparez plusieurs contrats sur les mêmes hypothèses : même franchise, même niveau d'IJ, même périmètre d'invalidité. Ne comparez pas une franchise 90 jours avec une franchise 30 jours — la différence de prime ne reflète pas la qualité du contrat.
Regardez aussi la définition de l'invalidité professionnelle (certains contrats protègent mieux les professions techniques ou manuelles), et les conditions d'exclusion (affections préexistantes, pathologies dorsales, burnout selon les contrats).
Bon à savoir — souscrire jeune réduit significativement les primes. Un contrat souscrit à 30 ans coûte bien moins qu'un contrat souscrit à 45 ans pour les mêmes garanties.